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La légendaire équipe des All Blacks a de quoi inspirer bien au-delà des terrains de rugby. C’est ce que défend le best-seller “Les Secrets des All Blacks – 15 leçons de leadership” qui vient d’être traduit en français. Prêt pour un haka en open space ?

Céline Chaudeau

CADREMPLOI

 

1. Quand le savoir-être prime sur le savoir-faire

« Les All Blacks mettent l’accent sur leurs valeurs fondamentales et fondatrices, allant jusqu’à faire prévaloir le caractère sur le talent, explique James Kerr, l’auteur du livre. Les joueurs apprennent qu’aucune tâche n’est trop humble si elle est nécessaire. » Thomas Bournac, qui continue de s’entraîner au rugby trois à quatre fois par semaine en marge de sa vie professionnelle, confirme. « Si j’ai accepté mon poste actuel, c’est justement parce que l’entreprise incarnait ce sens du collectif que j’apprécie dans le rugby. Avec 15 personnes qui jouent, c’est un des sports collectifs où l’on est les plus nombreux sur le terrain, avec aussi une vraie variété de tâches, sept à huit postes différents, et des capacités athlétiques et stratégiques variables que l’on retrouve un peu dans l’entreprise. Sans ce sens du collectif, cela ne peut pas marcher… »

 

2. Savoir déléguer

Appelons cela, l’art de faire une belle passe et c’est l’équipe entière qui transforme l’essai. « Les leaders éclairés délèguent délibérément leurs responsabilités afin de susciter l’engagement de leurs collaborateurs et ainsi leur permettre d’adapter leur approche aux conditions », poursuit James Kerr. Chez les All Blacks, commander et contrôler paraît contre-productif. « Lorsqu’ils arment leurs équipes d’une intention, ils visualisent l’aboutissement, exposent le plan, fournissent les ressources appropriées et ne doutent pas que chacun sera à la hauteur. Il en résulte une équipe d’individus préparés et capables de prendre les choses en main, lorsque nécessaire. Des leaders sur le terrain, poursuit l’auteur. « Faire une passe et savoir déléguer, ramené à la vie en entreprise, cela signifie par exemple ne pas faire de rétention d’information, savoir faire confiance à chacun et en son engagement et en ses compétences. Au rugby, on a compris depuis longtemps que l’on n’obtient rien tout seul », assure Thomas Bournac.

 

3. La formation continue, même pour les meilleurs

Sean Fitzpatrick, qui comptabilise quatre-vingt-douze sélections avec les All Blacks, joua dans l’équipe victorieuse de la Coupe du monde de rugby en 1987 et fut capitaine de 1992 à 1997, confie à James Kerr qu’il n’a cessé d’apprendre. Le succès, dit-il, vient de modestes améliorations effectuées sans relâche. « Pour le coup, c’est propre à tous les sportifs de haut niveau, nuance Thomas Bournac. Mais c’est particulièrement vrai chez les All Blacks qui sont une équipe de référence à cet égard. Cela nous rappelle qu’en entreprise on doit tout le temps remettre en cause ce que l’on a appris pour progresser… »

 

4. Un team-building qui marche

« Pour que tous aillent dans la même direction, confie le demi d’ouverture Andrew Mehrtens, des liens puissants doivent unir l’équipe. Si les liens sont ténus, les gars partent dans toutes les directions, ce qui n’est bon pour personne. » C’est pourquoi le joueur Wayne Smith, reconverti comme entraîneur, inventa le Rugby Club. L’idée est de programmer des soirées pendant lesquelles les joueurs portent leur maillot et prennent un verre ensemble pour resserrer les liens… et libérer la pression. De ce côté-là, les entreprises sont plutôt créatives. À l’image de l’employeur de Thomas Bournac dont toutes les collaborateurs ont pu ainsi participé à un Mud Day – littéralement, trois jours à se dépasser dans la boue. « Si le le rugby a cette image de sport attachant et solidaire, c’est aussi grâce à ce sens du collectif et à ce petit supplément d’âme que l’on aimerait tous retrouver en entreprise… ». Une posture qui ne se décrète pas, mais se cultive. En entreprise, comme dans le sport.

 

5. Transformer l’échec en force

« En tant que All Blacks, raconte enfin Sean Fitzpatrick, on vous dit sans ambages de vous souvenir davantage de vos défaites que de vos victoires. » Le talonneur n’a jamais oublié un match où il avait à lui seul provoqué plus de pénalités que le reste de l’équipe réunie. Mais voilà un point sur lequel Thomas Bournac ne peut s’empêcher de réprimer un sourire. « Si cela marche avec le rugby, je connais encore peu d’entreprises où l’on capitalise vraiment sur ses échecs. » Un essai à tenter ?

 

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